Travailler en intérim en 2026 offre des avantages financiers non négligeables par rapport à un contrat classique. En plus du salaire horaire (au minimum le SMIC ou le taux applicable dans l’entreprise utilisatrice), le travailleur intérimaire perçoit deux indemnités spécifiques : l’Indemnité de Fin de Mission (IFM) et l’Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP). Ces deux indemnités représentent chacune 10 % du salaire brut, ce qui augmente significativement la rémunération totale. Voici tout ce que vous devez savoir.
Le cadre légal du travail temporaire
Le travail intérimaire est encadré par les articles L.1251-1 et suivants du Code du travail. Le travailleur intérimaire est employé par une agence de travail temporaire (ETT) qui le met à disposition d’une entreprise utilisatrice (EU). Ce sont les conditions de travail de l’entreprise utilisatrice qui s’appliquent, notamment en matière de rémunération : le principe de « égalité de traitement » prévoit que l’intérimaire doit percevoir au moins le même salaire qu’un salarié en CDI occupant le même poste dans l’EU.
Le SMIC intérimaire au 1er juin 2026
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut est de 12,31 €. C’est le plancher en dessous duquel aucun travailleur intérimaire ne peut être rémunéré. Cependant, si l’entreprise utilisatrice rémunère ses salariés permanents au-dessus du SMIC pour le poste concerné, l’intérimaire doit percevoir au minimum ce même taux.
Rémunération de base pour une mission à temps plein (35h/semaine)
| Indicateur | Montant |
|---|---|
| Salaire horaire brut minimum | 12,31 € |
| Salaire mensuel brut (151,67h) | 1 867,02 € |
| Salaire mensuel net estimé | ~1 477,93 € |
L’Indemnité de Fin de Mission (IFM) : les 10 % supplémentaires
L’IFM est versée à la fin de chaque mission d’intérim. Elle est égale à 10 % du total des salaires bruts perçus pendant la mission. C’est une compensation financière pour la précarité inhérente au statut d’intérimaire.
Exemple de calcul de l’IFM pour une mission d’un mois au SMIC
- Salaire brut mensuel : 1 867,02 €
- IFM = 10 % × 1 867,02 € = 186,70 €
- Ce montant est versé à la fin de la mission, en plus du dernier salaire.
Cas d’exonération de l’IFM
L’IFM n’est pas due dans les cas suivants :
- La mission se termine par une embauche en CDI ou CDD de l’intérimaire par l’entreprise utilisatrice
- L’intérimaire refuse un CDI proposé par l’EU au poste occupé pendant la mission
- La mission s’inscrit dans le cadre d’un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage
- La rupture est due à une faute grave de l’intérimaire
L’Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP) : les 10 % supplémentaires
L’ICCP compense le fait que l’intérimaire ne peut pas toujours prendre de congés payés de manière classique en raison de la discontinuité des missions. Elle est égale à 10 % du total des salaires bruts, IFM incluse.
Exemple de calcul de l’ICCP pour une mission d’un mois au SMIC
- Salaire brut mensuel : 1 867,02 €
- IFM : 186,70 €
- Base de calcul ICCP = 1 867,02 € + 186,70 € = 2 053,72 €
- ICCP = 10 % × 2 053,72 € = 205,37 €
Rémunération totale d’un intérimaire : le récapitulatif
Voici ce que perçoit réellement un intérimaire rémunéré au SMIC pour une mission d’un mois à temps plein (35h/semaine) :
| Composante | Montant brut |
|---|---|
| Salaire de base mensuel | 1 867,02 € |
| Indemnité de Fin de Mission (IFM — 10 %) | 186,70 € |
| Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP — 10 % sur brut + IFM) | 205,37 € |
| Total brut mensuel | 2 259,09 € |
| Total net estimé | ~1 787,00 € |
Soit une majoration de +21 % par rapport au salaire de base brut, ce qui fait de l’intérim une option financièrement attractive pour les travailleurs.
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La fiscalité des indemnités intérimaires
L’IFM et l’ICCP sont soumises aux cotisations sociales (patronales et salariales) dans les mêmes conditions que le salaire de base. Elles sont également imposables à l’impôt sur le revenu.
Les autres droits du travailleur intérimaire en 2026
Au-delà de la rémunération, le travailleur intérimaire bénéficie de droits importants :
Accès aux équipements de l’entreprise utilisatrice
L’intérimaire a accès aux mêmes équipements collectifs que les salariés permanents : restaurant d’entreprise, transports en commun remboursés (50 %), tickets-restaurant, vestiaires, etc.
Protection sociale
L’intérimaire est couvert par le régime général de la Sécurité sociale pour la maladie, la maternité, les accidents du travail. Il cotise également à l’assurance chômage et peut bénéficier des allocations de Fonds d’Action Sociale du Travail Temporaire (FASTT).
Le FASTT : un avantage méconnu
Le FASTT propose aux intérimaires des services spécifiques : aide au logement, mobilité (location de véhicule à tarif préférentiel), garde d’enfants, accès au crédit, mutuelle santé compétitive.
Formation professionnelle
Les intérimaires ont accès au Compte Personnel de Formation (CPF) et peuvent bénéficier de formations financées par le FASTT ou l’agence d’intérim.
Heures supplémentaires en mission d’intérim
Si l’entreprise utilisatrice demande des heures supplémentaires, elles sont obligatoirement majorées dans les conditions légales ou conventionnelles :
- De la 36e à la 43e heure : +25 %
- À partir de la 44e heure : +50 %
Les majorations pour heures supplémentaires sont incluses dans la base de calcul de l’IFM et de l’ICCP.
Comparatif intérim vs CDI au SMIC
| Indicateur | CDI au SMIC | Intérim au SMIC (avec IFM + ICCP) |
|---|---|---|
| Salaire brut mensuel | 1 867,02 € | 2 259,09 € |
| Salaire net mensuel | ~1 477,93 € | ~1 787,00 € |
| Avantage intérim | — | +309,07 € net |
| Congés payés | 2,5 j/mois acquis | Compensés par l’ICCP |
| Sécurité de l’emploi | Forte | Variable selon les missions |
FAQ — SMIC Intérimaire 2026
1. L’IFM est-elle toujours versée à la fin d’une mission d’intérim ?
Non. L’IFM est due à la fin de chaque mission, sauf si celle-ci se termine par une embauche en CDI ou CDD par l’EU, si l’intérimaire refuse un CDI proposé, en cas de faute grave, ou dans le cadre de certains contrats spécifiques (alternance, etc.).
2. L’ICCP remplace-t-elle les congés payés ?
Oui, en pratique. L’intérimaire ne peut généralement pas prendre de congés payés classiques en raison de la discontinuité des missions. L’ICCP (10 % du brut + IFM) compense cette impossibilité. Elle lui est versée à la fin de chaque mission.
3. Peut-on cumuler des missions d’intérim et percevoir le chômage entre deux missions ?
Oui. L’intérimaire qui se retrouve sans mission peut percevoir les allocations chômage (ARE) de France Travail, à condition d’avoir cotisé suffisamment. Les périodes d’intérim sont prises en compte pour le calcul des droits.
4. L’intérimaire peut-il refuser une mission sans perdre ses droits ?
L’intérimaire peut refuser une mission proposée par son agence. Cependant, des refus répétés peuvent amener l’agence à ne plus lui proposer de missions. En matière de chômage, le refus répété d’offres raisonnables peut entraîner une suspension des allocations.
5. Quelle est la durée maximale d’une mission d’intérim ?
La durée maximale d’une mission d’intérim est en principe de 18 mois (renouvellements inclus), sauf dans certains cas particuliers où elle peut aller jusqu’à 24 mois. Au-delà, l’intérimaire peut revendiquer une requalification en CDI.